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Le président russe Vladimir Poutine a promulgué, lundi 2 décembre, une loi controversée permettant d’étendre le statut d’« agent de l’étranger » à des journalistes et des internautes. Le texte, voté fin novembre par les députés, est dénoncé par les défenseurs des droits de l’homme, qui y voit un risque supplémentaire de censure et de menaces sur la liberté d’expression.

La loi, publiée sur le portail officiel russe, prévoit une entrée en vigueur immédiate. Elle permet au ministère de la justice de désigner comme « agent de l’étranger » des personnes physiques travaillant pour des médias tombant sous le coup de cette classification, selon le texte.

Neuf organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains, dont Amnesty International et Reporters sans frontières, ont déclaré redouter que ces amendements puissent viser non seulement des journalistes, mais aussi tout blogueur ou internaute bénéficiant de bourses, financements ou revenus d’un média concerné. « Cela deviendra un outil puissant pour museler les voix d’opposition », ont dénoncé ces ONG dans un communiqué publié le mois dernier.

« Le gouvernement russe poursuit non seulement les journalistes critiques, mais aussi les internautes lambda. En 2018, 384 personnes ont été persécutées en Russie pour leurs propos », a dénoncé dans un Tweet Reporters sans frontières.

Lourdes amendes et interdictions

Depuis 2012, une loi russe permet aux autorités de désigner comme « agents de l’étranger » des associations recevant des financements hors de Russie et ayant une « activité politique ». En 2017, cette possibilité avait été étendue aux médias travaillant en Russie.

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Sous peine de lourdes amendes ou d’interdictions, la loi oblige les entités reconnues comme telles à de contraignantes mesures administratives et à la mention de ce statut dans toutes leurs publications.

En Russie, l’ONG respectée Mémorial, l’association anticorruption de l’opposant Alexeï Navalny, et le média RFE/Radio Svoboda, financé par le Congrès américain, sont reconnus comme « agents de l’étranger ».

Le terme d’« agent de l’étranger » était appliqué, à l’époque stalinienne, aux opposants réels ou supposés, puis employé dans les années 1970 et 1980 pour qualifier les dissidents accusés d’être à la solde de l’Occident.

La Russie interdit la vente de smartphones sans applications russes pré-installées

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué, lundi 2 décembre, une loi qui interdit la vente en Russie de smartphones ou d’ordinateurs s’ils ne sont pas équipés de logiciels ou d’applications russes pré-installés. Cette loi, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2020, est présentée par les autorités comme un moyen de promouvoir les entreprises technologiques du pays face à la concurrence étrangère.

Selon le texte de cette loi publié sur le portail officiel russe, « le consommateur doit avoir la possibilité d’utiliser certains types de produits technologiques avec des programmes pré-installés russes ». Le texte précise que le gouvernement va établir une liste d’appareils concernés par la loi, qui devrait inclure les téléphones, les ordinateurs et les « Smart TV ». Le gouvernement russe établira aussi une liste d’applications qui devront être pré-installées par les fabricants.

En Russie, cette loi controversée a été surnommée « loi anti-Apple », le fabricant américain ayant toujours refusé de pré-installer des applications autres que les siennes sur ses appareils. Ces dernières années, les autorités russes n’ont cessé de serrer la vis au réseau Internet, l’un des derniers espaces de liberté pour les voix critiques sur le pouvoir.

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