L'Essentiel de vos Informations en temps réel ! L'actualité du monde filtré et résumer rien que pour vous !


Pendant trois ans, Mathilde a passé presque toutes ses nuits à l’hôpital. Directement après la fac, elle se rendait au chevet de sa petite sœur, atteinte d’une leucémie depuis l’âge de 5 ans. Mathilde la veillait, allongée sur un lit d’appoint, l’aidait à se nourrir avec sa sonde ou l’accompagnait aux toilettes dès lors qu’elle ne pouvait plus se déplacer seule. Au petit matin, elle reprenait le chemin de la faculté de sciences du langage de Toulouse, les yeux lourds de sommeil, et ses révisions laissées de côté. « Mon père travaillait. Ma mère restait à l’hôpital toute la journée : j’étais son seul relais pour lui permettre de se reposer la nuit », raconte la jeune femme de 22 ans, aujourd’hui en master de communication.

Parfois, on la remplaçait pour la nuit. Mais Mathilde ne sortait pas pour autant avec ses camarades étudiants, qu’elle connaissait d’ailleurs « à peine ». Elle allait récupérer son frère à sa sortie du collège et s’occupait des tâches ménagères qui s’accumulaient à la maison. En deuxième année de licence, ses notes commencent à chuter. « Peut-être aurais-je eu le temps de plus réviser… Mais il était hors de question que je prenne ce temps pour moi : il y avait plus important », confie celle qui a été aidante de ses 15 ans à ses 21 ans.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Je n’ai pas compris quand j’étais jeune et quand je ne l’étais pas » : les « jeunes aidants », des invisibles aux côtés d’un proche malade

Comme Mathilde, de nombreux jeunes accompagnent un proche malade ou handicapé, au détriment de leur scolarité. En France, ils sont 500 000 âgés de moins de 25 ans (sur 11 millions d’aidants en France) à assister un parent, dont de nombreux étudiants, estime l’association Jeunes AiDants Ensemble (JADE). Troubles de l’attention, absentéisme, décrochage : les risques sont nombreux pour ceux qui font des études et sont en même temps happés par leurs tâches, entre soins, ménage et papiers administratifs.

Adapter son rythme d’études

Cette vie parallèle est souvent invisible. « Ces étudiants ne savent pour la plupart pas qu’ils sont “jeunes aidants” car la société connaît à peine leur existence, observe Françoise Ellien, psychologue et présidente de l’association JADE. Ce sont des jeunes en pleine construction identitaire qui doivent composer avec les mêmes risques physiques et mentaux que les adultes aidants. »

Ces jeunes sont sortis de l’ombre à l’occasion du « plan aidant », annoncé le 23 octobre par le gouvernement. Deux mesures leur sont consacrées : la sensibiliation des personnels éducatifs à cette problématique – pour mieux les repérer et les accompagner – et la possibilité d’un aménagement des rythmes d’études. Ils peuvent dès à présent saisir les s’est le cas pour les étudiants en situation de handicap.

Aller vers La Source