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Panneau indiquant les services d'urgence, à l’hôpital de la Pitié-Salpetrière, à Paris.

C’est une nouvelle étape dans la controverse scientifique et médico-légale à propos du syndrome du bébé secoué (SBS). Un avocat, Grégoire Etrillard, et une association de familles, Adikia, ont écrit à la Haute Autorité de santé (HAS) pour demander l’abrogation des recommandations relatives à ce « traumatisme cranio-cérébral non accidentel », publiées en 2011 et actualisées en 2017.

« Il est urgent que ces recommandations, beaucoup trop affirmatives, et sur certains points fausses, soient abrogées », a résumé maître Etrillard, lors d’un point presse, lundi 2 décembre, à Paris. Dans son argumentaire de vingt-cinq pages, l’avocat, qui défend une cinquantaine de familles « faussement accusées », constate que « les excessives certitudes exprimées par ces recommandations ont envahi la sphère judiciaire au point d’en être régulièrement le fondement unique ». Or, poursuit-il, les conséquences sont dramatiques puisque cela aboutit, « à cause d’un diagnostic présenté comme “certain” et que nul ne peut remettre en cause, au placement d’enfants, à la séparation d’avec la famille et à la condamnation d’innocents à de lourdes peines ».

« Ce sont des vies brisées, des couples qui se séparent, des personnes qui ont tenté de mettre fin à leurs jours. C’est un enfer, on apprend à vivre avec, mais on ne s’en remet pas », a témoigné lors du point presse Emeline Hautcœur, vice-présidente de l’association Adikia, qui représente 300 familles.

Ce traumatisme peut être mortel dans 10 % à 20 % des cas, ou laisser des séquelles à vie

Forme de maltraitance dans laquelle un nourrisson est secoué violemment, entraînant des lésions cérébrales, le SBS concerne surtout des bébés de moins de 1 an. Ce traumatisme peut être mortel dans 10 % à 20 % des cas, ou laisser des séquelles à vie. En France, le nombre de cas serait de plusieurs centaines par an.

Sujet très sensible en raison de sa gravité potentielle, et du contexte de protection de l’enfance, le SBS est cependant au cœur d’une controverse scientifique qui dépasse largement la France. Au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada, ou encore en Suède, des médecins et des publications remettent en question la façon dont est porté le diagnostic de secouement, qui serait devenu trop systématique, sans tenir compte d’autres causes possibles des lésions observées. En Suède, en 2016, un rapport de l’agence équivalente à la Haute Autorité de santé a ainsi conclu que les critères classiques de SBS (une triade constituée d’hémorragies sous-durales, rétiniennes et de lésions cérébrales) présentent un niveau de preuves faible ou très faible.

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