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Quand l’ETA a rendu les armes, elle n’imaginait sans doute pas un tel scénario. Depuis octobre 2011, l’organisation séparatiste basque s’est engagée à renoncer à la lutte armée et entre 2017 et 2018, a livré son arsenal – ou du moins une partie de celui-ci – aux autorités françaises. La police de Bayonne a ainsi reçu des informations sur la localisation de plusieurs de ses caches.

Une procédure a alors été ouverte et ces armes devaient être détruites, pour une partie d’entre elles. Les autres devaient être conservées pour vérifier si elles n’avaient pas servi notamment à des règlements de comptes. C’est dans ces stocks d’armes que des policiers ont puisé. Environ 80 détonateurs, des pistolets mitrailleurs M4, une kalachnikov, des 357 Magnum. Au total, plus d’une centaine d’armes et des munitions. Selon l’inventaire, le repaire renfermait également des armes saisies dans le cadre d’affaires de droit commun, type banditisme.

Des armes cachées dans un préfabriqué

Un gardien de la paix de la police nationale, détaché chez les démineurs de la protection civile, a transféré les armes à son commandant qui les a cachées dans un préfabriqué du centre de déminage d’Arras, dont il était le responsable. Elles n’ont jamais été détruites comme le prévoyait le protocole.

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Après une enquête de la police judiciaire de Lille et de l’IGPN, le parquet d’Arras a décidé le renvoi d’un agent en correctionnelle. Un officier a, lui, fait l’objet d’une procédure de plaider-coupable. Côté administratif, ce dernier a comparu cette semaine en conseil de discipline où son exclusion a été demandée.

La destruction de la caméra filmée… par la vidéosurveillance

C’est une information anonyme qui a alerté la hiérarchie du déminage. Elle faisait état d’un stockage illégal d’armes. En septembre, quand l’enquête est déclenchée, les policiers du commissariat d’Arras découvrent la caverne d’Ali Baba. La sécurité publique est dessaisie au profit de la police judiciaire de Lille. C’est alors que la caméra de surveillance installée sur le préfabriqué est détruite. Malheureusement pour les receleurs, la destruction de celle-ci est filmée… par une autre caméra.

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Pour leur défense, les deux policiers ont plaidé une passion pour les armes. Ils se présentent comme des collectionneurs, ne se livrant à aucun trafic. La justice semble croire à leur histoire. L’enquête préliminaire a été ouverte pour détournement de scellés et non pour trafic d’armes. Le commandant a ainsi pu s’en « sortir » en plaidant coupable. Une CRPC, comparution en reconnaissance préalable de culpabilité, qui a mis un terme à l’enquête judiciaire. On ignorait jusqu’à présent qu’il existait des passionnés de détonateurs de l’ETA.

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