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Jean Blot, en septembre 1998.

Fils unique d’un couple aisé de juifs russes, dont les ascendants, diamantaires du tsar, étaient « citoyens d’honneur de Saint-Pétersbourg », l’écrivain Jean Blot, né Alexandre Blokh, à Moscou, le 31 mars 1923, est mort à Paris, le 23 décembre 2019.

Auteur d’une œuvre importante, romans, récits, essais, cet écrivain cosmopolite et polyglotte fut aussi interprète et traducteur. Il avait appris l’anglais dans des pensionnats en Angleterre. Ayant fait ses études primaires et supérieures en France, il avait choisi d’écrire son œuvre en français.

En 1924, ses parents quittent Moscou pour aller à Berlin avant de s’installer à Paris. Le père de Jean Blot, qui écrivait des poèmes et admirait le célèbre poète homonyme russe Alexandre Blok, s’était fait un devoir de prénommer son fils Alexandre. Celui-ci, doté d’un homonyme si célèbre, gardera son nom de résistant – Jean Blot – quand il deviendra écrivain. A la fin de la guerre, il est lieutenant FFI dans le 1er régiment du colonel Fabien en Rhône-Alpes, et titulaire d’une licence de lettres. Il entreprend des études de droit, mais n’étant pas encore naturalisé français, il ne peut accéder à l’ENA, qui vient d’être créée.

Ami d’Albert Cohen

Bientôt titulaire d’un doctorat en droit international, il commence une carrière aux Nations unies, à New York, dans l’interprétariat. On lui confie des missions d’observateur en Grèce et en Corée dans des contextes de guerres civiles. Il poursuit sa carrière au sein de l’organisation internationale à Genève, où il devient l’ami de Michel Butor, de Jean Starobinski et d’Albert Cohen. Son essai Albert Cohen ou Solal dans le siècle (Albin Michel, 1995) sera la marque de cette amitié.

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Nommé à l’Unesco en 1962, il y dirige le département des arts et lettres et y retrouve Roger Caillois. Il propose alors à l’écrivain Mario Vargas Llosa de transformer la fédération des PEN Club en une véritable organisation mondiale d’écrivains accréditée auprès de l’Unesco. Elu, en 1981, secrétaire international du PEN, il le restera jusqu’en 1997.

En 1983, il aide le poète René Tavernier, devenu, après le romancier Georges-Emmanuel Clancier, président du PEN Club français, à organiser, à Lyon, le congrès mondial des PEN. Il participe à la création de nombreux centres, dont le PEN russe, en 1990 ; organise des rencontres internationales en faveur de la liberté d’expression et de la paix, notamment lors du conflit des Balkans.

Humaniste

Elu, en 1999, président du PEN français, il relance le prix de la critique littéraire et préside, au sein du comité de la Société des gens de lettres, la commission des aides aux auteurs en difficulté. Il organise à l’Unesco, en 2001, la Journée mondiale de la poésie et participe à des campagnes en faveur d’écrivains emprisonnés dans différents pays. En 2002, il remet à Vaclav Havel, au Festival d’Avignon, la plume d’or du PEN français.

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