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Le président Vladimir Poutine accueille au Kremlin Igor Dodon (à gauche), le président moldave, le 7 septembre 2019.

Le président Vladimir Poutine accueille au Kremlin Igor Dodon (à gauche), le président moldave, le 7 septembre 2019. REUTERS

Les conflits gelés figuraient en bonne place dans les discussions entre M. Macron et M. Poutine à Brégançon, en août 2019. Cinq jours plus tard, le ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou, effectue une visite en Moldavie à l’invitation du président, Igor Dodon. Une première depuis vingt-huit ans. Le responsable russe fait un geste : il propose de régler la question des milliers de tonnes d’armements russes anciens qui sont entreposés en Transnistrie, territoire séparatiste où les forces russes sont stationnées, sous le couvert du « maintien de la paix ». La première ministre libérale, Maia Sandu, devine une manœuvre plus large.

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La Russie veut placer sous cloche l’ancienne République soviétique, comme les autres pays dans sa périphérie, tentés par un ancrage occidental. En Moldavie, le principe de neutralité figure pourtant dans la Constitution de 1994. Igor Dodon, considéré comme un allié de Moscou, est son premier avocat. « Nous sommes neutres depuis vingt-cinq ans mais la pression russe n’a jamais cessé, souligne l’analyste Nicu Popescu, qui était alors le ministre des affaires étrangères du pays. Les Russes veulent une reconnaissance internationale de la neutralité de la Moldavie car, de leur point de vue, une constitution, ça peut se modifier dans un sens ou dans l’autre. En septembre, le Quai d’Orsay nous a proposé de nous consulter pour nourrir la démarche française avec Moscou. Mais, en octobre, la méthodologie avait changé. On m’expliquait que les choses étaient compliquées concernant les conflits gelés, que le spectre des sujets avec la Russie s’était élargi. » Début novembre, le gouvernement pro-européen de Maia Sandu tombe.

Au point mort

Aujourd’hui, la situation est au point mort. Aucune négociation avec les séparatistes n’a lieu. Chisinau dit chercher un consensus en Moldavie même, pour soutenir une reconnaissance internationale de la neutralité du pays. « On serait heureux si Paris et Moscou étaient au moins capables d’être à l’initiative d’un dialogue sur un règlement du conflit, en impliquant d’autres acteurs, dit au Monde le chef actuel de la diplomatie moldave, Aureliu Ciocoi. Mais notre principale condition est de ne pas lier le cas moldave à celui de l’Ukraine. Sinon, nous deviendrions les otages du processus de résolution du conflit dans le Donbass. »

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Côté français, on assure ne s’être fait aucune illusion sur le rythme des progrès possibles, pour résoudre les conflits gelés. « Personne n’a jamais pensé qu’on réglerait dans l’année ces conflits gelés avec Poutine, dit une source diplomatique. La neutralité est un concept daté. Ce que les Russes demandent, c’est une forme de neutralisation. Ça ne se formalise pas dans un statut de neutralité, mais dans un certain nombre d’engagements politiques et sécuritaires, faisant en sorte que la Russie ne voie pas davantage avancer l’UE et l’OTAN vers ses frontières, et que celles-ci soient rassurées sur ses intentions. » Cela impliquerait de fermer toute perspective d’intégration aux pays concernés.

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