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epa07781153 Russian President Vladimir Putin (R) and French President Emmanuel Macron (L) talk during their meeting at the fort of Bregancon in France, 19 August 2019. President Putin pays a working visit to France at the invitation of French President. EPA/ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK / KREMLIN POOL MANDATORY CREDIT (MaxPPP TagID: epalivefour236220.jpg) [Photo via MaxPPP]

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Publié aujourd’hui à 12h14

Au large vogue le Languedoc. Du haut du piton rocheux où ils se promènent, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine peuvent apercevoir la frégate de la marine nationale. En ce 19 août 2019, le président russe rend visite à son homologue français sur son lieu de villégiature, au fort de Brégançon (Var). Intimité et cadre naturel grandiose. La présence du navire militaire, que M. Macron désigne de l’index, n’est pas une coïncidence. Elle répond à une mise en scène française. C’est une déclaration de vigilance. La main tendue à la Russie par l’Elysée se veut ferme, entre puissances.

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Le Languedoc, bâtiment capable de tirer des missiles de croisière navals, avait été mobilisé quatre mois plus tôt avec les forces américaines et britanniques, lors des frappes contre l’arsenal chimique clandestin du régime syrien. Bachar al-Assad, porté à bout de bras par Moscou et Téhéran, est aujourd’hui lancé dans une reconquête sanglante de son territoire, tandis que les Occidentaux restent impuissants face au plus grave désastre humain et géopolitique d’une génération. La frégate, soudain, paraît moins imposante à l’horizon.

Brégançon ne représente pas une rupture franche dans la politique de M. Macron envers Moscou. C’est la cristallisation d’une démarche, sa conceptualisation au grand jour, sous les termes d’« architecture de sécurité européenne ». Un concept ancien. La Russie reste, néanmoins, l’effort diplomatique le plus intense et le plus incertain du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il passe par une relecture de l’histoire depuis la chute de l’Union soviétique, en insistant davantage sur les errances occidentales que sur les choix toxiques, internes et externes, faits par le Kremlin. Il s’appuie sur une lecture lucide des rapports de force dans ce monde post-multilatéral, et celle des limites du modèle russe de développement.

Il mise enfin sur une approche transactionnelle contestable, déjà éprouvée dans le passé, avec Moscou. « Le président ne fait pas un pari sur la Russie, assure-t-on à l’Elysée. Ce pays est une passion française qui divise. Le premier temps de notre réflexion est le besoin et l’exigence de souveraineté européenne. Il faut que les relations entre l’UE et la Russie retrouvent une forme d’équilibre transactionnel. De fait, pour les Russes, nous avons perdu la Russie. L’histoire remonte à loin. »

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Trois graves erreurs

Le président français considère que les Européens, après la chute de l’URSS, ont cru à tort à la fin de l’histoire et à la vertueuse propagation de la démocratie. Ils auraient été trop atlantistes et auraient manqué à leur parole en permettant l’extension de l’OTAN loin vers l’Est. Première erreur. La deuxième aurait résidé dans une faiblesse collective. Elle s’est matérialisée en 2013 avec le refus de l’administration Obama et des Européens de faire respecter la ligne rouge sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie, ouvrant ainsi le champ au nouvel ancrage russe au Moyen-Orient. La troisième erreur aurait été, pense M. Macron, de suivre les Américains dans un matraquage de la Russie au travers des vagues de sanctions depuis le début de la crise ukrainienne en 2014.

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