L'Essentiel de vos Informations en temps réel ! L'actualité du monde filtré et résumer rien que pour vous !


Aux quatre coins du pays, des centaines de Français ont tenu à rendre hommage à l’ancien président de la République, décédé jeudi à l’âge de 86 ans.

Photo géante déployée à Tulle sur la façade de l’Hôtel du département, livres d’or ouverts dans le village de Sarran, portrait de Jacques Chirac à l’Élysée et portes du palais présidentiel ouvertes aux passants… Dès jeudi, après l’annonce de la mort de l’ancien chef de l’État, les Français ont tenu à rendre hommage à Jacques Chirac. 

La Corrèze « orpheline »

Jeudi, la Corrèze se disait « orpheline » de l’homme qui y fit ses premiers pas politiques avant d’en être le député pendant plus de 20 ans. « De nombreux Sarranais avaient beaucoup d’affection pour Jacques Chirac, ils vont être dans la peine », a déclaré Michel Poincheval, maire de Sarran dont Bernadette, l’épouse de l’ancien président, est toujours conseillère municipale. « On se connaissait bien, il était très simple, très abordable », s’est rappelé le maire, élu depuis 1989 dans cette petite commune de 300 habitants où se trouve le château de Bity, acheté en 1969 par le couple Chirac. 

À Sarran se trouve également le Musée du président Jacques Chirac, ouvert en 2000 pour abriter les cadeaux reçus pendant les deux mandats présidentiels. Trois livres d’or y ont été ouverts à côté d’un grand portrait proclamant « Merci Monsieur Jacques Chirac ».  

La « Corrèze est orpheline », « la Corrèze est en deuil », écrit le Conseil départemental qui a aussi mis des registres à disposition à l’accueil de l’Hôtel du département à Tulle.  

Livres d’or au palais de l’Élysée

« Nostalgiques » d’un « grand homme humaniste », plusieurs centaines de personnes ont afflué jeudi soir à l’Élysée pour rendre hommage à Jacques Chirac, en signant les livres d’or installés dans le vestibule du Palais, devant une grande photo de l’ancien président disparu. 

Dans un silence grave, les visiteurs, Français et étrangers, de tous les âges, faisaient la queue en chuchotant pour entrer dans la Cour d’honneur éclairée de toutes parts, sous des drapeaux en berne.  

En file indienne, ils gravissaient les marches du perron pour entrer dans le vestibule d’honneur, gardé par deux gardes républicains et signaient l’un après l’autre les quatre livres d’or, accessibles jusqu’à dimanche. 

Beaucoup prenaient le temps de rédiger de longs éloges du président disparu, évoquant sa chaleur humaine et sa stature internationale, ou parfois des souvenirs personnels de rencontres avec lui, à l’armée, au Salon de l’Agriculture, au Noël de l’Élysée… 

« Salut d’un citoyen à un fervent défenseur des relations franco-africaines », a écrit Pierre Etienne, un ingénieur de 23 ans, venu avec ses amis. « Jacques Chirac a fait et fait encore la France à l’étranger », a salué un autre visiteur, à côté d’une phrase rédigée en japonais. « Je rends hommage à un grand homme humaniste et aimant, qui a su mieux que quiconque incarner la France », commentait un autre.  

« Je l’ai connu pendant mon service militaire en Algérie en 1957 », a raconté un officier venu avec sa décoration, Jean-Michel Casanova, 80 ans, qui a écrit toute une page d’hommage. « J’étais un jeune lieutenant et il m’a appris, plutôt que de m’emmerder le dimanche, à apprendre le français à de jeunes Arabes, en particulier des femmes et des enfants ». « Mon admiration et ma tendresse pour le dernier des grands présidents », a écrit un autre. « Merci pour le combat mené, merci pour cette liberté, merci pour cette bonhomie ». 

Aux côtés des plus âgés, qui l’ont croisé, se tiennent les plus jeunes qui, comme Valentine Giurici, 23 ans et ingénieure, ne savent pas toujours « ce que Jacques Chirac a fait » mais gardent en mémoire « un personnage sympathique et sa caricature des ‘Guignols' ».  

« Il a été le premier président qu’on a connu dans notre enfance », confie dans la file d’attente, Rémi Bernard, 24 ans, cadre en banque, « nostalgique » depuis l’annonce de son décès. « C’est une page qui se tourne », explique encore ému, Pierre Mrozowski, 27 ans, cadre consultant, qui était lui aussi un « enfant quand il était président ». « Ce que je n’oublierai jamais c’est son ‘non’ à la guerre en Irak », se souvient le jeune homme, convaincu que « l’histoire lui a donné raison ». À partir de lundi, ce dispositif d’hommage devrait être installé aux Invalides, a expliqué l’Élysée. 

Aller vers La Source –>