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« La quête de l’hégémonie mondiale ne pouvait plus passer par la confrontation militaire directe tant les destructions seraient épouvantables. »

« La quête de l’hégémonie mondiale ne pouvait plus passer par la confrontation militaire directe tant les destructions seraient épouvantables. » Ingram / Photononstop / Ingram / Photononstop

Tribune. Il y a près de 75 ans, les 6 et 9 août 1945, les deux villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki étaient détruites lors de deux raids nucléaires américains. En quelques instants, des dizaines de milliers de civils et de militaires japonais perdaient la vie sous l’effet des explosions, suivis par des milliers d’autres au cours des mois et années qui suivirent. La singularité des bombardements d’août 1945 ne tenait pas au seul bilan humain, si lourd soit-il : au cours de la seconde guerre mondiale, des dizaines de villes ont été réduites en cendres sous l’effet de bombardements non nucléaires, dont certains (à l’instar de celui de Dresde) causèrent des pertes plus lourdes.

Cependant, si Hiroshima et Nagasaki entrent dans l’histoire, cela tient au fait que leur destruction ait été instantanée et qu’une seule arme ait suffi pour éradiquer une ville. Ce n’est pas par hasard si ces premières frappes nucléaires de l’Histoire furent aussi les seules. Les siècles passés ayant démontré qu’aucun dispositif de défense ne saurait être parfaitement infranchissable, les dirigeants de l’après-guerre ont dû en tirer les conclusions et prendre la mesure de leur profonde vulnérabilité.

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La précarité de l’existence, qui jusqu’alors ne concernait que les individus, s’étendait désormais aux Etats, y compris – chose inédite – aux plus puissants d’entre eux. Cela ne remettait plus seulement en cause les croyances mais aussi toutes les stratégies : la quête de l’hégémonie mondiale ne pouvait plus passer par la confrontation militaire directe tant les destructions seraient épouvantables.

Un monde moins stable depuis 2014

Ni les appétits de puissance, ni la guerre, ni la souffrance des populations n’ont toutefois disparu avec l’avènement de l’arme nucléaire. L’aspiration à réduire ces maux est le fondement des efforts collectifs consentis depuis 1945 pour bâtir un ordre international régulé, non seulement plus prévisible mais plus juste, encadrant l’emploi de la force armée, la diffusion des armements et les pratiques militaires.

Cet édifice si précieux tremble aujourd’hui sous les effets des recompositions du monde. Les démonstrations de force survenues depuis 2014 dans le voisinage direct de l’Europe ou sur d’autres théâtres régionaux nous rappellent que tous les Etats ne partagent pas les principes d’un ordre fondé sur le respect de la règle de droit et la recherche d’un règlement pacifique des différends.

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La Russie contourne ou viole la grande majorité de ses engagements en termes de maîtrise des armements, et poursuit la modernisation de son outil militaire en mettant l’accent sur de nouveaux systèmes d’armes nucléaires et conventionnels qui, de par leur portée et leurs zones de déploiement, menacent particulièrement le sol européen.

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