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Le gouvernement met l’accent, depuis quelques jours, sur la dégradation du moral des Français en raison de l’épidémie et des confinements successifs. Une préoccupation qui était par exemple au coeur de la conférence de presse d’Olivier Véran ce jeudi.

La dégradation de la santé mentale des Français est devenue une préoccupation majeure de l’exécutif. Depuis plusieurs jours, les messages d’alerte sur les états dépressifs ou anxieux des Français liés à l’épidémie de Covid-19 sont au coeur de la communication gouvernementale et des déplacements des ministres.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a donné le la, dès ce mercredi, mettant en garde contre le risque d' »une troisième vague de la santé mentale »: « il faut être extrêmement attentif: nous devons plus que jamais venir en aide à celles et ceux qui ressentent le poids de la solitude », a-t-il déclaré lors d’une visite à Paris sur une plateforme d’écoute destinée aux jeunes de 12 à 25 ans. La veille, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, « une augmentation importante des états dépressifs » en France.

« À aucun moment nous n’avons négligé cette dimension »

Ce jeudi, lors de son point hebdomadaire sur l’épidémie, qui a duré au total une quarantaine de minutes, le ministre de la Santé a de nouveau insisté sur cette préoccupation, par laquelle il a ouvert sa conférence de presse et qui a constitué le message principal de ce rendez-vous. « L’impact psychologique de l’épidémie, et plus encore du confinement, est réel (…) La santé mentale des Français s’est sinificativement dégradée », a martelé Olivier Véran, indiquant que près de 20.000 appels étaient passés chaque jour au numéro vert d’aide psychologique mis en place.

Surtout, le ministre de la Santé s’est défendu ce jeudi: « je peux vous dire qu’à aucun moment le gouvernement n’a négligé cette dimension de la crise sanitaire ».

« Nous restons particulièrement vigilants dans la période actuelle, et actifs », a-t-il insisté.

Qu’il s’agisse d’isolement, de solitude, de colère, de frustration ou encore de vulnérabilité face au virus, Santé Publique France soulignait en effet jeudi dernier qu’en neuf mois de crise sanitaire, le nombre de personnes touchées par des troubles psychologiques avait doublé en France entre fin septembre et début novembre, de 10 à 21%.

La hausse est « encore plus marquée chez les personnes en situation financière difficile, des personnes ayant des antécédents de troubles psychologiques, les inactifs et les jeunes », a relevé mardi Jérôme Salomon.

Gabriel Attal chargé de formuler des propositions

Selon nos informations, pour répondre à cet état de fait, il a été décidé que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal serait chargé, à la demande du Premier ministre Jean Castex et avec l’accord d’Olivier Véran, de se pencher sur le sujet de la santé mentale en vue de leur faire des propositions. Avec l’idée d’évaluer les mesures qui pourraient être prises, alors que ce sujet avait largement été mis de côté depuis le début de la pandémie, a-t-on appris d’une source au sein de l’exécutif.

La semaine dernière déjà, Gabriel Attal était en déplacement à Lille, où il a rencontré des personnalités médicales spécialistes de la santé mentale. Il s’est aussi rendu ce jeudi au siège de la Croix-Rouge à Montrouge, dans une antenne dédiée à l’aide psychologique pour les étudiants.

L’allocution d’Emmanuel Macron, prévue en milieu de semaine prochaine, devrait en outre être l’occasion pour le chef de l’État de dresser des perspectives pour les semaines et les mois à venir, et de redonner un horizon aux Français, alors que le ministre de la Santé a rappelé ce jeudi qu’il n’était « pas d’actualité de déconfiner le pays ».

Le moral des Français à zéro

Sophie Peters, psychanalyste exerçant à Paris, s’est réjouie de cette prise de conscience du gouvernement sur notre antenne ce jeudi soir. « C’est bien que le ministre se rende compte que le confinement a un impact sur la santé mentale parce que depuis le début de la pandémie, il est beaucoup question de la santé physique. Or elle n’est pas seule en cause ».

La psychanalyste constate que « ce deuxième confinement devient difficile à vivre dans la durée ». « Ce qui est assez nouveau, c’est qu’avant on voyait souvent des personnes fragiles, ayant déjà des pathologies. Or là, ça commence à ‘attaquer’ les névrosés lambda, comme vous et moi. Il y a une sorte d' »à quoi bon? Je ne sais pas de quoi va être fait demain, je ne peux pas me projeter’. (…) On ne sait pas du tout où on va », explique-t-elle.

Télétravail, chômage partiel ou total, ou au contraire obligation de se rendre au travail: toutes ces situations ont dégradé le bien-être psychique des Français. Mercredi, un baromètre signé Opinionway mettait en exergue la dégradation de l’état psychologique des salariés en particulier, dont 44% disaient se trouver en situation de détresse psychologique.

Agathe Lambret et Jeanne Bulant

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