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Leonard et Adam Cohen lors de la promotion de l'album « You Want It Darker » en 2016.

Au milieu des années 2010, l’auteur-compositeur-interprète Adam Cohen avait participé pour la première fois à la réalisation d’une œuvre de son père, Leonard Cohen. Paru en octobre 2016, You Want It Darker aurait pu être leur ultime collaboration, le poète et chanteur canadien décédant à 82 ans, dix-neuf jours après la sortie de l’album. Mais en complétant des morceaux inachevés, Adam Cohen, 47 ans, ressuscite aujourd’hui son père, dans un bel album posthume, Thanks for the Dance, publié le 22 novembre. Il revient sur la genèse de ce disque dans les salons d’un hôtel londonien.

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Après You Want It Darker, vous étiez-vous mis à travailler avec votre père sur de nouvelles chansons ?

Même s’il a continué de travailler jusqu’au bout, j’étais conscient, à la fin de la production de You Want It Darker, que mon père était trop faible et avait trop mal pour que nous puissions espérer enregistrer un autre album. Plus qu’un nouveau disque, Thanks for the Dance est une continuation.

De très beaux textes avaient été laissés de côté au moment de You Want It Darker, parce qu’ils ne correspondaient pas au thème de ce dernier ou parce qu’ils paraissaient redondants par rapport à d’autres chansons. J’ai donc continué le travail que nous avions commencé ensemble, en privilégiant des instruments acoustiques qui avaient été la signature esthétique de ses débuts, mais avec la gravité que possédait sa voix à la fin de sa vie. Comme une façon de boucler une boucle. Loin de l’habituel disque posthume constitué de fonds de tiroir.

Aviez-vous parlé avec lui de la possibilité de terminer ces morceaux ?

Il est mort moins de trois semaines après la publication de You Want It Darker, mais il avait mesuré l’accueil très chaleureux reçu par le disque. Il m’avait dit alors : « L’un avec l’autre, ces garçons – sous entendu, nous – sont une force puissante. Nous devrions faire plusieurs autres albums. » Bien sûr, c’était une plaisanterie, mais il a ajouté : « Nous avons commencé ensemble de très belles choses. J’aimerais que tu les termines. »

Quelle était votre matière première ?

Souvent, je n’avais enregistré que sa voix. Tous les matins, il avait l’habitude de se mettre à l’écriture, il noircissait des pages. Après cela, certains textes se révélaient des poèmes, d’autres des chansons, d’autres avaient une forme plus indéterminée. Je venais parfois le supplier d’enregistrer ses textes : « Prenons au moins ce poème sur Pro Tools [un logiciel de musique], juste pour la postérité ! » Il me disait: « Alors essayons celui-là comme si c’était une valse. » Et on l’enregistrait a cappella. Il existe des réalisateurs artistiques beaucoup plus compétents que moi, mais j’ai l’avantage d’avoir une connaissance très intime de ce qu’il aimait ou détestait. Ce qui m’a donné confiance pour composer ces musiques.

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